Télémédecine : de quoi parle-t-on exactement ?

Sous les feux des projecteurs depuis quelques mois — notamment depuis la prise en charge de la téléconsultation par l’Assurance maladie —, la télémédecine reste encore parsemée de zones d’ombre. L’une des raisons principales : elle est relativement récente dans l’histoire de l’Homme, poussée par la technologie et ses usages.

La télémédecine que l’on connait aujourd’hui a fait ses premiers pas il y a à peine un siècle : en 1920 est publiée à New York la première licence pour radio de service médical aux bateaux. En France, ce n’est que plus tard (plus précisément en 1995) qu’est initié un programme national de téléimagerie des services d’urgences vers les services de neurochirurgie.

En 2000, des programmes européens pour le déploiement de la e-santé sont lancés, y compris en France. En 2009, la télémédecine est définie pour la première fois par la loi HPST (hôpital, patients, santé et territoires) puis entre dans le droit commun en 2018. Dix ans plus tard, la télémédecine s’installe et prend ses marques tant chez les patients que chez les professionnels de santé.

La télémédecine par le menu

Si on s’en tient à la définition du Ministère des Solidarités et de la Santé, la télémédecine est « une composante de la télésanté. Selon le code de santé publique (art. L.6316-1), elle est « une forme de pratique médicale à distance utilisant les technologies de l’information et de la communication. » »

Ainsi, cinq actes sont répertoriés : la téléconsultation, la téléexpertise, la télésurveillance, la téléassistance et la régulation médicale.

Télémédecine : de quoi parle-t-on exactement ?
Source : Ministère de la solidarité et de la santé

La téléconsultation — comme son nom l’indique — permet aux médecins de donner une consultation à distance en temps réel. La téléexpertise (prise en charge depuis peu par l’Assurance Maladie) facilite quant à elle les échanges entre pairs : plusieurs experts peuvent ainsi donner leur avis sur un dossier. Ici, à l’inverse de la téléconsultation, cette action est asynchrone.

Par ailleurs, la télésurveillance permet à un médecin de suivre son patient à partir des données collectées qui lui sont transmises, notamment via des objets connectés de santé. La téléassistance consiste à seconder un confrère à distance lors de la réalisation d’un acte. Enfin, la régulation médicale facilite le premier diagnostic du professionnel de santé dans le cadre de l’activité des centres 15, avant d’orienter le patient vers le service le mieux adapté.

La prise en charge des téléconsultations par l’Assurance Maladie

Si ces services ont progressivement vu le jour en France, la généralisation puis le remboursement de la téléconsultation ont été rendus possibles par son intégration au droit commun. Ainsi, depuis le 15 septembre dernier, les téléconsultations sont remboursées, au même titre qu’un rendez-vous en cabinet. Des critères et un cadre ont bien évidemment été définis .

Les médecins « téléconsultants » doivent connaitre les patients téléconsultés — ou les avoir rencontrés à l’occasion d’au moins une consultation en présentiel sur les 12 derniers mois. Par ailleurs, le parcours de soin doit être respecté, à l’exception de certains cas de figure : urgence, indisponibilité du médecin traitant, patients âgés de moins de 16 ans ou accès direct aux spécialistes tels que gynécologues, ophtalmologues, psychiatres ou encore pédiatres.

De façon générale, « tout médecin peut recourir à la téléconsultation, quels que soient sa spécialité, son secteur d’exercice (secteur 1, secteur 2) et son lieu d’exercice, en ville ou en établissement de santé (cabinet de ville, maison de santé pluriprofessionnelle, centre de santé, Ehpad, hôpital, clinique…). Elle est réalisable partout en France métropolitaine et dans les départements et régions d’outre-mer. » Les officines ont d’ailleurs toute la légitimité pour assurer les téléconsultations  sur place, et ainsi faciliter l’accès aux soins.

Rendez-vous dans quelques mois pour suivre l’évolution des pratiques, tant du côté des professionnels de santé que des patients.

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